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24/05/17 Eviter que la facture alimentaire africaine n'atteigne $ 110 milliards en 2025

24 mai 2017 (ivoireagro.com)  Les gouvernements africains doivent miser davantage sur les entrepreneurs africains pour industrialiser leurs économies, souligne l’édition 2017 du rapport Perspectives économiques en Afrique publiée hier dans le cadre de la 52è assemblée annuelle de la Banque africaine de développement (BAD) qui se déroule actuellement à Ahmedabad, en Inde.

"Bien que les vents contraires de ces deux dernières années semblent avoir altéré la belle histoire d’une 'Afrique qui monte', nous sommes convaincus que le continent continue de faire preuve de résilience, avec une croissance continue des économies non-dépendantes des matières premières", a déclaré Abebe Shimeles, directeur par intérim du Département de la politique macroéconomique, de la prospective et de la recherche à la Banque africaine de développement. "Avec un secteur privé dynamique, un esprit d’entreprise largement répandu et des ressources abondantes, l’Afrique a les moyens d’accélérer sa croissance et de la rendre plus inclusive encore", a-t-il ajouté, selon le communiqué.

La  croissance remonterait à 4,3% en 2018

La croissance économique en Afrique a marqué le pas en 2016, atteignant 2,2 %, en raison du recul des cours mondiaux des matières premières, de la faiblesse de la reprise mondiale et de conditions climatiques défavorables qui ont affecté la production agricole dans certaines régions. Elle devrait toutefois rebondir à 3,4 % en 2017 et à 4,3 % en 2018, si la remontée des cours des matières premières, la reprise de l’économie mondiale et que les réformes macroéconomiques nationales se confirment.

Une croissance qui repose de plus en plus sur des facteurs intérieurs au continent : en est pour preuve la consommation privée et publique qui, à elles deux, ont contribué pour 60 % de la croissance du PIB continental en 2016. Quant aux  investissements directs étrangers (IDE), attirés par les marchés émergents et l’urbanisation rapide du continent, ils sont demeurés à $ 56,5 milliards en 2016 et devraient atteindre $ 57 milliards en 2017, selon les projections. Concentrés auparavant dans le secteur des ressources naturelles, notamment minières, les investissements se sont diversifiés dans le bâtiment, les services financiers, les industries manufacturières, les transports, l’électricité et les technologies de l’information et de la communication.

L'avantage comparatif de l'agro-industrie

Ceci dit, malgré une décennie de progrès, 54 % de la population de 46 pays africains sont toujours piégés dans la pauvreté. L'emploi est la préoccupation majeure, avec une population active qui devrait augmenter de 910 millions entre 2010 et 2050. D'où l'importance d'une révolution industrielle. A ce jour, souligne le rapport, seulement 26 pays d’Afrique se sont dotés d’une stratégie d’industrialisation et elle mise surtout sur les grandes entreprises manufacturières plutôt que sur des secteurs à fort potentiel de croissance et de création d’emplois, notamment les start-ups et les petites et moyennes entreprises (PME). Or, ce sont les entreprises de moins de 20 salariés et de moins de cinq années d’expérience qui créent la majorité des emplois dans le secteur formel en Afrique.

Les stratégies d’industrialisation doivent donc soutenir les autres secteurs dans lesquels les économies africaines disposent d’avantages comparatifs, dont l’agro-alimentaire. "Les économies africaines ne peuvent pas se permettre de rater la prochaine étape de la transformation de leur production. Les entrepreneurs doivent être des acteurs de premier plan de la quatrième révolution industrielle en Afrique", a affirmé le directeur du Centre de développement de l’OCDE et conseiller spécial auprès du Secrétaire général de l’Organisation sur les questions de développement, Mario Pezzini.

L'essor de l'industrie légère diminera les importations alimentaires

A l’exception de 2015, les importations vivrières et de biens manufacturés (hors machines) sont en hausse constante depuis 2000, souligne le rapport. Le développement de l’industrie légère pourrait permettre à l’Afrique de réduire ses importations hors continent et de doper le commerce intra-africain avec des pays disposant de capacités de production et de transformation de produits agricoles.

"Aujourd’hui, l’Afrique dépense environ $ 63 milliards par an pour la nourriture, les boissons et le tabac. De ce montant, $ 35 milliards sont dépensés seulement pour l’importation de produits alimentaires. Au vu de la croissance démographique et si rien n’est fait pour renforcer les capacités locales de production, la facture pourrait grimper à $ 110 milliards à l’horizon 2025. Cette année, de même que les trois années précédentes, la sécheresse affecte 17 millions de personnes, principalement dans la Corne de l’Afrique. Or, l’agriculture et les agro-industries offrent un potentiel énorme d’autosuffisance alimentaire au continent à travers le développement de corridors régionaux de commerce qui permettraient d’utiliser les surplus de production d’une région pour combler les déficits d’une autre région, et amélioreraient les connections entre les centres de production, de distribution et de consommation. La baisse des cours du pétrole et des produits miniers a poussé les pays africains à s’engager dans la diversification vers l’agriculture, et les  économies les plus larges du continent sont en train d’opérer des choix stratégiques pour transformer leurs secteurs agricoles et réduire les importations de produits alimentaires. Ces réorientations stratégiques devraient porter leurs fruits à moyen ou long terme, surtout dans les pays exportateurs de pétrole."

Source: commod africa

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